← Techstars Blog

A l’occasion de 1er StartupWeekend Tours, j’ai rencontré Rodrigo Reyes, un développeur passionné par le code et par les startps.

Rodrigo Reyes
Rodrigo Reyes

Rodrigo a longtemps travaillé dans des startups ainsi que dans de grosses sociétés plus traditionnelles, comme développeur, chef de projet, ou architecte, avant se lancer dans l’entrepreneuriat.
Aujourd’hui il travaille comme CTO dans une petite société d’édition de logiciel.
Rodrigo a participé a 2 StartupWeekend à Tours en tant que développeur et il a également fait de présentations pour aider les développeurs à mieux se préparer avant un Startupweekend.
(Ici ses slides.)
Rodrigo a gentiment accepté de répondre à quelques questions.

Startupwekend Orléans : Pourquoi as-tu choisi de participer à un StatupWeekend ? 
Rodrigo Reyes : Essentiellement pour le côté “hackathon”, c’est-à-dire une période finie assez intensive de création collaborative, ce qui est toujours très stimulant, mais aussi pour la bonne ambiance, l’adrénaline permanente et l’exercice collectif de définition d’un business-model. Même si l’idée de base du projet dans lequel on se retrouve s’avère parfois saugrenue à tête reposée, ou juste très compliquée du point de vue de son exploitation commerciale et/ou de sa rentabilité, le fait de pousser à son maximum la réflexion entrepreneuriale pour essayer d’en tirer quelque chose de valide et cohStartupWeekend toursérent reste un exercice extrêmement intéressant. De plus, le faire collectivement avec des gens avec qui on n’a pas l’habitude de travailler, ou qui naviguent habituellement dans des sphères très différentes est un enrichissement supplémentaire.

SWO : Comment décrirais tu le concept StartupWeekend du point de vue d’un développeur ?
RR : Pour un développeur, un Startup Weekend est un exercice à la fois enthousiasmant et très compliqué, car c’est un événement essentiellement orienté business et création d’entreprise, et non pas purement technique. La développeur, ainsi que le designer, ne sont pas au centre de l’événement, d’ailleurs certains projets présentés à la fin ne sont guère plus que des slides agrémentés d’un pitch/show du porteur de projet, la partie technique et le design étant finalement là pour l’effet “wow” et pour aider l’audience à mieux comprendre le projet. Dans la plupart des cas, c’est le potentiel business qui est le principal élément jugé, et c’est une orientation assumée.

Malgré ça, même si j’encourage bien sûr les organisateurs de startup weekends à mieux équilibrer la partie design et développement technique (par des prix dédiés par exemple), ça ne doit pas surtout empêcher les développeurs de participer, au contraire: d’abord parce que l’exercice et le networking valent largement le déplacement, mais également parce que, même si la technique n’est pas le critère déterminant pour l’accès au podium, elle reste la démonstration d’un point essentiel: celle que l’équipe est performante et complémentaire, qu’elle a une capacité à livrer (au moins un prototype !), et qu’elle est capable de bootstrapper (c’est-à-dire démarrer sans aide ou capital extérieur).

SWO : Quels particularités pour un développeur vs autre profils ?
RR : Il ne devrait pas y avoir beaucoup de particularité, mis à part qu’il est celui qui participe à l’implémentation technique du projet, et qui évalue et valide techniquement les différentes idées.
La particularité d’une start-up en démarrage, c’est l’effacement du cloisonnement des fonctions. Les développeurs ne doivent surtout pas être là comme des exécutants, et ne doivent pas être considérés comme tels: ils doivent participer comme les autres aux réflexions sur les fonctionnalités et le business model; ils doivent contribuer comme les autres aux brainstormings et aux sessions d’élaborations, même si à un moment donné il faut bien évidemment se mettre à son poste et faire l’implémentation technique.
Un cas particulier est celui du développeur qui porte un projet: il ne fait généralement pas de développement, et s’il en fait c’est probablement une mauvaise idée, car il doit avancer sur le business model, valider les hypothèses, faire les prévisionnels, etc.
Mais c’est justement l’intérêt du SWE pour un développeur: faire partie d’une équipe en toute polyvalence.

SWO : Quel KIT de survie pour un développeur lors d’un StartupWeekend ?

RR : Sur le plan technique, le SWE, comme toutes les saveurs de hackathons, est un challenge puisqu’il met en oeuvre une partie que les développeurs font finalement assez peu: le démarrage d’un projet “from scratch”. Beaucoup de développeurs travaillent sur des projets en maintenance, sur du logiciel qui existait avant qu’ils n’arrivent. Et lorsqu’ils démarrent des projets, ils travaillent plusieurs mois ou plusieurs années dessus. Tout ça fait que démarrer un nouveau projet n’est généralement pas une activité habituelle, et comme toute activité qu’on pratique rarement, ça prend toujours beaucoup plus de temps que prévu.

Le kit de survie est donc simple: avoir un ordinateur portable bien préparé et bien configuré avec les outils auxquels on est habitués, être prêt à travailler dans des conditions avec un réseau difficile (ne pas hésiter à prendre son téléphone et l’utiliser comme modem si c’est le cas), et bien dormir avant.

SWO : Quels outils utiliser ? Quel est la meilleur approche ?
RR : La meilleure approche à mon sens consiste à accepter le fait qu’on travaille sur une période de temps extrêmement restreinte, et qu’il est parfois impossible de faire mieux qu’un prototype bricolé qui tient avec du scotch et de la ficelle. Mais même bricolé, si le prototype démontre le produit, alors l’objectif est atteint.
Au niveau des outils, il faut donc surtout utiliser ceux qui permettent d’aller très vite, et de ne pas perdre trop de temps sur la conception: vu les conditions dans lesquelles on travaille, si jamais le projet se poursuit après le week-end, la meilleure chose à faire est de jeter le prototype et de repartir sur de bonnes bases: on n’utilise pas un code réalisé dans l’urgence et l’adrénaline, avec une bonne couche de carence de sommeil comme base pour un projet sérieux; et de toute façon ça va généralement assez vite de le refaire.
De bons outils pour démarrer: utiliser des générateurs comme Yeoman pour avoir une base opérationnelle, ou au moins prendre des boilerplates sur github, et ne pas hésiter à utiliser des services de BAAS (back-end as a service) comme parse.com ou strongloop. Même s’ils sont simple à utiliser, il vaut mieux se familiariser avec avant le weekend, afin d’être immédiatement opérationnel sur le projet.

SWO : Un conseil pour les futurs participants développeurs ?
RR : Avant d’intégrer définitivement une équipe, je recommanderais de discuter avec les autres développeurs qui la compose afin de vérifier qu’il y a compatibilité technique: j’ai vu une fois un participant ne pas revenir le samedi matin parce qu’il était le seul développeur .Net dans une équipe purement Java; mais aussi pour vérifier qu’il y a un peu de complémentarité (ne pas avoir un seul développeur front-end, par exemple, c’est évidemment dommage). Aussi, ne pas hésiter à se mélanger (plutôt que de rester avec les personnes qu’on connait), et ne pas céder au biais typique des projets qui ne sont pas bien pensés au niveau business: la course à l’échalote des fonctionnalités en pensant qu’un produit pléthorique peut pallier à un business model faible. Il faut donc bien se concentrer sur le MVP, et faire prendre conscience à l’équipe, lorsque ça n’est pas déjà le cas, qu’un MVP trop volumineux n’est pas seulement une charge injuste sur les épaules des développeurs et un risque important pour l’objectif, c’est aussi le plus souvent le signe fort d’une déficience au niveau de la définition du produit et de son business model.

J’oserai également un conseil pour les futur non-participants: beaucoup d’étudiants ou de développeurs hésitent à s’inscrire par timidité ou par peur de “ne pas être à la hauteur”, je les encourage vivement à mettre de côté leurs hésitations et à se lancer, parce que c’est justement l’intérêt du SWE que de sortir de sa zone de confort et de se dépasser, pas seulement dans son domaine de prédilection.

Vous n’avez pas encore acheté votre billet ??? Vite, vite, il reste quelques places ! Inscription ICI 

 


, , , ,


Cosmina Trifan